HAUTE PARFUMERIE

Lundi 18 janvier 2010

BROWN SUGAR

Brown Sugar est l’album que tout bon oenologue de la Soul doit posséder dans une des caves de son iPod. Les plus grands critiques du genre ont fait de la date de sortie de cet opus (1995), l’an « zéro » du calendrier de la « Soul Renaissance ». Disons le d’emblée, D’Angelo a redonné ses lettres de noblesse à un genre qui tombait peu à peu en désuétude, débordé par un RnB commercial et hégémonique qui s’était tellement dispersé qu’il n’était plus rien.

Il n’y avait que D’Angelo pour opérer cet alliage subtil de jazz, hip-hop et Gospel. Sa mère, amatrice avertie de « Black Music », n’a pas fait que le nourrir au sein, elle l’a également gavé de Miles Davis et de Soul des 70s’. Son Pasteur de père, lui a fait découvrir les nourritures spirituelles du Gospel et les rappeurs du moment (a Tribe Called Quest, Rakim et KRS-One) lui ont inspiré cette prose vernaculaire qui lui fait dire « fuck » d’une voix mielleuse. La fusion des styles fait de de cet artiste un classiciste mâtiné d’un « bad boy » auquel peu de filles peuvent résister.

Le kiffe suprême de Brown Sugar reste, pour nous, le titre « Lady ». Les basses lourdes s’y mêlent à une suave mélodie chantée par une voix qui fait du Prince sans le savoir… co-écrite par Raphael Saadiq, accompagnée au piano par Tim Christian, tous deux membres de Tony! Toni! Toné! (cherche pas, seuls les vrais connaissent), « Lady » est une invitation faite à l’aimée d’officialiser l’officieux… de crier au monde entier:

you’re my lady

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