LA HONTE
Quelle mouche a bien pu piquer Calvin Klein?
Son célébrissime CK One dont la fraîcheur des notes de thé et bergamote s’y dispute à celle des spots publicitaires noir et blanc, où s’ébattent éphèbes et adolescentes aux corps fatigués de poisseuses étreintes, se voit sacrifier sur l’autel de la culture fast food.
Petite rétrospective, CK One c’est:
- Le premier parfum unisexe.
- Un des plus grand succès de la parfumerie fine « globalisée ».
- Un jus décliné à l’envi dans des versions « collector », « electric » et « summer ».
Classique parmi les classiques (même si la team bébé racaille ne le goûte que très peu), le voici qui se lance dans une initiative des plus dégradantes pour la parfumerie qui se respecte encore: non-content d’être distribué par packs de six dans les hypermarchés spécialisés , Calvin Klein veut « sur-démocratiser » son parfum, le mettre dans tous les sacs à main, imbiber chaque cou gracile de ses écoeurantes exhalaisons d’ananas et de cardamome… et pour ce faire, quoi de plus pratique qu’un distributeur automatique?
Voilà la nouvelle marotte de CK: inonder les lieux publics de ces machines à plaisir d’où jaillissent des dosettes de 10 ml de jus androgyne. CK One version mini… ou comment donner une suite illogique et indigne aux barres spécial K, aux Coca Light en PET recyclable, aux capsules de George et aux pizzas à emporter.
Ceux qui cherchaient une preuve de l’adultération de la Haute Parfumerie ne cherchent plus: ce totem rectangulaire, sponsorisé (ô surprise!) par le Carrefour du parfum, symbolise, à lui seul, la dégradation de l’objet mystique qu’est le parfum.
En deux mots: la honte.
