HAUTE PARFUMERIE

Mardi 15 juin 2010

L’EMPRISE D’ALFIE

alfie lemprise

Alfie est un chien. Nous le savons. Il doit mourir. Nous le voulons.

Et pourtant…

Et pourtant nous tombons toutes immanquablement dans la toile qu’il tisse patiemment… toutes… mêmes les plus méfiantes… celles qui n’utilisent jamais de faux bons de réduction parce qu’ils ne sont valables qu’à partir de € 150 d’achats… celles qui changent de chaîne quand la pub interrompt leurs séries préférées parce qu’elles refusent l’idée qu’on puisse vendre leurs « temps de cerveau disponibles »… celles qui rembarrent les dragueurs grossiers d’un regard aiguisé comme un rasoir wilkinsson…  ces louves, aussi féroces soient-elles, se changent en innocent agneau quand le bel Alfie jette son dévolu sur elles.

L’instant où il pose son regard sur nous, l’on se sent autre… différente… maladroite même… ces moments d’oubli délicieux où l’on met du sel à la place du sucre dans notre 0%? Alfie est responsable.

Notre esprit d’ordinaire si préoccupé de lui-même, rend les armes… inféodé au souvenir d’Alfie. Nous perdons nos facultés rationnelles. Nous raisonnons à reculons. Nous agissons comme des jeunes premières là où jadis l’expérience était notre meilleure conseillère.

Nous déposons l’armure. Nous nous laissons posséder.

Là est l’erreur… les séducteurs de la (sale) race d’Alfie saisissent toute la symbolique de cette capitulation. Ils sont des laborantins de l’amour qui se sont livrés aux expériences les plus cruelles. La chimie amoureuse n’a plus de secrets pour eux et ils savent en concocter tous les elixirs. Et nous ingurgitons goûlument (gourdement?) le contenu du flacon qu’Alfie nous tend…

Mais qu’est-ce qui fait courir Alfie? Pourquoi prend-il tant de plaisir dans la souffrance de ses victimes?

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