HAUTE PARFUMERIE

Vendredi 13 novembre 2009

DU BEAU SON

plattan

Urbanears est un collectif scandinave qui vit d’amour, d’eau fraîche et de bon son… un groupe de fanatiques zélés concepteurs de casques originaux, un peu «m’as-tu vu » au regard des couleurs pastelles dans lesquelles chacune de leurs créations est proposée. Ces adorateurs de vibes viennent de lancer trois modèles (Plattan, Tanto et Medis) tous disponibles dans 14 couleurs qui font penser à des bonbons éparpillés sur une table.

En lançant ces « casques Haribo », l’ambitieux collectif qui nous vient du froid, attaque frontalement le Monster Beats de Dr Dre. Chez bébé racaille nous avons craqué pour le Plattan qui transforme son propriétaire en reclus de la musique. Le Plattan isole du monde extérieur et noie l’auditeur dans un instru aux beats bien « fat » sans qu’il puisse en perdre une seule note. Le câble qui relie l’iPod au Plattan abandonne le plastique traditionnel pour un tissu soyeux original.

Pour celles qui veulent sortir du lot.

Mardi 10 novembre 2009

QU’IMPORTE LE FLACON…

evian baccart

Chez bébé racaille, le flacon n’est que le contenant d’un jus exceptionnel. Presque un mal nécessaire. Il doit s’effacer, se mettre tout entier au service de l’obsédant liquide ambré qu’est Vengeance Vaudoue. Alfred de Musset l’avait compris avant tout le monde: «qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse»… et celles et ceux qui ont senti Vengeance Vaudoue sur sa carte parfumée ont pu avoir un apperçu du pouvoir d’une Eau de Parfum qui rend ivre sans vin.

A l’opposé de ce que peut faire bébé racaille, beaucoup de faussaires continuent à camoufler la médiocrité de leurs eaux de toilettes dans des flacons extravagants, trahissant par là même une stratégie du désespoir qui vise à flatter l’œil d’une Perfumista à défaut de pouvoir séduire son «nez».

Il est un domaine toutefois où la créativité dans la fabrication du contenant est un art salutaire pour le contenu : l’eau minérale.

Baccarat s’est attelé à la tâche en façonnant cinq créations exceptionnelles qui sont autant d’odes à la pureté de l’eau. La transparence de ces œuvres cristallines, sorties des fourneaux de l’artisan verrier en édition très limitée, éclabousse l’œil de celui qui regarde.

Une pure merveille.

Vendredi 6 novembre 2009

DEUXIEME BLESSURE NARCISSIQUE

Blessure narcissique… deuxième.

La première était déjà douloureuse : si la Haute Parfumerie s’est trouvée heurtée dans son égo par l’ambition de certains maroquiniers et autres fabricants de bustiers qui, en voulant maîtriser le monde des odeurs, ont perverti l’art plus qu’il ne lui ont apporté, il est une autre blessure, plus insoutenable encore, qui ne lui a pas été épargnée. Le caractère insoutenable de cette nouvelle écorchure relève de sa jeunesse et du traitement barbare qu’on lui a fait subir: au lieu d’y appliquer un baume, on l’a frottée sans ménagement de gros sel… celui de l’artificiel et du superflu.

Cette deuxième blessure est l’avènement des bien nommées eaux de toilettes de célébrités.

Petit état des lieux (loin d’être exhaustif) :

  • Hidden Fantasy, de Britney Spears
  • Paris Night, de Céline Dion (sa sixième eau de toilette)
  • Xpose, de Christina Aguilera
  • Glow, de Jennifer Lopez
  • Kate, de Kate Moss
  • Sweet Darling, de Kylie Minogue
  • M, de Mariah Carey
  • Cancan, de Paris Hilton (sa troisième eau de toilette)
  • Lovely, de Sarah Jessica Parker
  • True Star, Beyoncé
  • With Kisses de Naomi Campbell

Les eaux de toilette de célébrités sont au Parfum ce que le kleenex est au mouchoir : du jetable, de l’éphémère empaqueté dans de l’épiphénomène. Le cycle de vie de ces jus est extrêmement court. Ils naissent dans une explosion marketing qui éclabousse les pages de magazines et les « trois par quatre » des grandes métropoles internationales. Ils se vendent en quantité industrielles et disparaissent plus vite qu’ils ne sont apparus sur les linéaires des grandes surfaces de la parfumerie. Ces eaux de toilettes de célébrités sont, en réalité, de tristes élixirs dépourvus d’une histoire que l’on espère compenser par les seuls noms de leurs muses.

Il est temps de rendre à la Haute Parfumerie les lettres de noblesse que Britney Spears la roturière lui a ravies.

Mercredi 4 novembre 2009

NICKI MINAJ

Une « bébé racaille » attitude…

Un visage poupon qui rappelle celui de Lauren London en mode « vénere »…

Reperée sur MySpace, contactée par Lil Wayne qui l’a suppliée de poser quelques strophes bien mises sur ses mixtapes, Nicki Minaj sortira son premier album solo début 2010. La native du Queens a su utiliser sa langue de poétesse pour s’imposer dans un monde ou l’homme règne sans partage… performance remarquable, surtout si l’on considère que, dans ce milieu, d’autres filles utilisent la leur (de langue) de façon différente pour parvenir à leurs fins. Nicki Minaj, c’est un bonbon sucré dans le café amer du Hip Hop masculin. On en mettrait facilement deux comme ça dans le sien (de café).

Peut-être la seule bonne raison du moment de carier ses molaires.

Mardi 3 novembre 2009

PREMIERE BLESSURE NARCISSIQUE

freud

Freud a théorisé la désillusion de l’homme qui s’est toujours pensé au centre de l’univers par ce qu’il appelait les trois blessures narcissiques. Selon l’inventeur de la Psychanalyse, les sciences ont infligé trois démentis cinglants à l’amour propre de l’humanité. Copernic a d’abord prouvé que la Terre n’était pas au centre de l’Univers. Vint ensuite Darwin, avec sa théorie de l’évolution qui fit de l’homme un animal parmi les animaux et enfin Freud, himself, qui, avec la découverte de l’inconscient, démontra que l’homme n’était pas seul dans son propre corps.

La Haute Parfumerie, comme l’homme, a eut à subir ses propres blessures narcissiques et comme pour l’homme, elles sont au nombre de trois. Jadis discipline qui se suffisait à elle-même, la Haute Parfumerie s’est vue débordée par des concurrents inattendus: le couturier, le joailler et les autres spécialistes du luxe qui ont tous pressenti les potentialités « marketing » que recelait le parfum. Le parfum n’etait plus l’objet d’exception créée par un Maître des odeurs pour une minorité qui tient à la rareté de sa signature olfactive…il était devenu le gadget utile, l’astucieuse extension d’une stratégie de «branding», l’accessoire indispensable qui donnait aux Empires du Luxe une profondeur de gamme et une crédibilité que leurs métiers historiques ne suffisaient pas à leur conférer. La déferlante de noms n’a, depuis, plus jamais cessé: les joaillers Cartier, Van Cleef and Arpels, Boucheron et Bulgari ont tous lancé leurs eaux de toilettes. Toutes les maisons de Haute Couture ont suivi le mouvement: des plus vénérables (Givenchy, Christian Dior, Yves Saint Laurent) aux plus contemporaines (Viktor & Rolf, Stella Mc Cartney, Comme des Garcons).

La Haute Parfumerie a mal vécu cette invasion. Impuissante, elle s’est résignée à cohabiter avec ces invités malpolis et goutons qui se servent sans demander et font chez autrui comme chez eux.

Le fouet claque. Le sang coule. Voilà une première blessure ouverte il y a bien longtemps sans que personne puisse jamais la refermer.

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