Serge Gainsbourg fait de nouveaux parler de lui. Un biopic, à l’affiche des salles obscures en ce moment, retrace la vie d’un homme qui, presque 20 ans après nous avoir quittés, fascine toujours autant.
Chacun a gardé un souvenir du personnage. Une image. Une chanson. Le crooner à la gouaille provocatrice avait le sang brûlé d’alcool… avant de brûler un Pascal à la face de la France. Une France dont il a remixé l’hymne guerrier au moyen de sonorités reggaes moins belliqueuses.
« Je suis un insoumis » avait-il crié à la face des conservateurs qui avaient critiqué « Aux armes etc… »
Poète maudit qui detestait sa laideur, il savait séduire les femmes les plus belles… les embrassant du regard et de ses lèvres recouvertes de pétrole. Des volutes de fumées sortaient de sa bouche… et la sagesse… et la bêtise.
« La beauté est la seule vengeance des femmes » disait-il.
« I can read your mind baby…
I know what you’re thinking…
it’s alright… it’s alright »
Pouvoir lire dans les pensées de l’être aimé. Se perdre dans le dédale de ses contradictions: dit-il non avec la tête et oui avec le cœur, comme le Cancre de Prévert? Deviner le sentiment… y répondre par une oeillade télépathique.
C’est là le fantasme de tous les amants… fantasme délicieusement mis en mélodie par un Avant aux lyrics lascifs à en faire pâlir d’envie le maître de la discipline, Mister Robert Kelly himself.
Sans la moindre hésitation, I can read your mind trouve sa place dans notre « Top Five » des sons à mettre en musique de fond avec une lumière tamisée…
La nomination de Sabrina a fait grincer quelques dents. Certains nous ont fait part de leurs mécontentement en nous faisant parvenir des photos de Nadia, Juliette et C18. Les deux premières, bien que très belles, sont disqualifées d’office, car pas assez « bad girl ». La dernière, en revanche, rentre dans les sévères critères de sélection établis par le jury. D’ailleurs, un des membres de ce dernier, qui s’en est voulu d’avoir oublié C18 durant notre brainstorming, a avoué, le rouge aux joues, avoir été secrètement amoureux de C18 durant son enfance.
L’hilarité générale que cette confession a suscité a tout de suite été suivie par un silence de cathédrale quand notre « C18 lover » nous a montré cette vidéo étonnante figurant le mariage d’un otaku japonais avec Nene Anegasaki.
Jusqu’ici tout va bien pour paraphraser cousin Hub’…
Là où les choses prennent une tournure surprenante, c’est que Miss Anegasaki s’avère être constituée plus de pixels et de pantone que de chair et de sang. Nene est, en effet, une jeune fille née sous les traits d’un fusain et qui vit maintenant dans une Nintendo DS… Love Plus pour être plus précis. Notre jeune otaku, bien réel lui, répond au doux pseudonyme de Sal9000. La cérémonie de mariage s’est tenue en Novembre 2009 à l’Institut Technologique de Tokyo, en présence d’un vrai prêtre, d’un témoin virtuel (la copine de Nene dans Love Plus qui a fait un discours!), d’un DJ et d’un parterre de curieux qui s’est trouvé multiplié par une retransmission en direct sur un youtube-like japonais.
Puis s’installent les accents d’une fleur d’oranger qui torture. Le genre de supplice que l’on fait subir aux traîtres et aux bourreaux des cœurs…
Après les notes de tête aussi marquantes qu’éphémères, voici les notes de cœur de Vengeance Vaudoue : celles qui subsistent plusieurs heures sur une peau ou un châle. C’est la fleur d’oranger qui apparaît la première, c’est donc elle qui est mise à l’honneur dans ce billet parfumé. Cueillies sur l’oranger amer, ces fleurs nous viennent, pour la plupart, d’Italie, d’Egypte, de Tunisie et du Maroc. Très utilisée dans les parfums orientaux, illustre famille dont Vengeance Vaudoue fait partie, la fleur d’oranger est une effluve miellée, jasminée que certains parfumeurs utilisent pour mettre en évidence le caractère fruité de certaines notes qu’on lui associe.
Symbole de la fécondité, certaines jeunes mariées de Sicile dont la beauté s’est épanouit sous le climat tropical de leur île, en portent dans leurs cheveux le jour de leurs noces.
Toute la Team bébé racaille s’est adonnée à un savoureux exercice de Brainstorming qui visait à identifier les « bad girls » de nos mangas préférés. Le plus compliqué a été d’élire la princesse de cette communauté qui représenterait au mieux l’esprit bébé racaille. De Lucy d’Elfen Lied, à Misa Amane de Death Note en passant par Ceres Victoria d’Hellsing… toutes les méchantes filles au cœur fondant sont passées au crible. C’est la nostalgie qui l’a emporté puisque c’est sur Sabrina, qui répond au doux nom japonais de Madoka, que notre choix s’est porté.
Qui ne se souvient pas de Sabrina, l’amour impossible de Max… impossible car Pamela, meilleure amie de Sabrina est, elle-aussi, tombée sous le charme du beau brun ténébreux aux pouvoirs magiques. Sabrina bien qu’amoureuse de Max, au grand dam de ce dernier, préfère taire ses sentiments pour ne pas heurter ceux de Pamela. Les 48 épisodes de la série tournent autour de ce faux ménage à trois.
Alors pourquoi Sabrina ? D’abord parce que c’est une bombe de belle gosse : que ce soit dans son uniforme d’écolière ou dans celui de serveuse de café ABCB, Sabrina a fait fantasmé tous les petits garçons prépubères de l’époque. Ensuite parce que la vilaine fille est ceinture noire de karaté et qu’elle a corrigé de nombreuses petites frappes de son Lycée qui se sont laissés amadouer par l’apparente innocence de ses grands yeux verts. De plus Sabrina fume… ou plutôt, Sabrina fumait : elle a abandonné la clope par amour pour Max (l’amour fait soulever des montagnes). Enfin, Sabrina dégage une troublante aura mystérieuse… elle révèle au fil des épisodes une personnalité complexe : celle d’une jeune fille qui rêve du prince charmant (Max ?) et qui, en même temps, se caparaçonne dans une fausse « racaille attitude »… pour ne pas révéler ses vrais sentiments ?
Peu importe, chez bébé racaille we love Sabrina parce qu’elle représente.
Brown Sugar est l’album que tout bon oenologue de la Soul doit posséder dans une des caves de son iPod. Les plus grands critiques du genre ont fait de la date de sortie de cet opus (1995), l’an « zéro » du calendrier de la « Soul Renaissance ». Disons le d’emblée, D’Angelo a redonné ses lettres de noblesse à un genre qui tombait peu à peu en désuétude, débordé par un RnB commercial et hégémonique qui s’était tellement dispersé qu’il n’était plus rien.
Il n’y avait que D’Angelo pour opérer cet alliage subtil de jazz, hip-hop et Gospel. Sa mère, amatrice avertie de « Black Music », n’a pas fait que le nourrir au sein, elle l’a également gavé de Miles Davis et de Soul des 70s’. Son Pasteur de père, lui a fait découvrir les nourritures spirituelles du Gospel et les rappeurs du moment (a Tribe Called Quest, Rakim et KRS-One) lui ont inspiré cette prose vernaculaire qui lui fait dire « fuck » d’une voix mielleuse. La fusion des styles fait de de cet artiste un classiciste mâtiné d’un « bad boy » auquel peu de filles peuvent résister.
Le kiffe suprême de Brown Sugar reste, pour nous, le titre « Lady ». Les basses lourdes s’y mêlent à une suave mélodie chantée par une voix qui fait du Prince sans le savoir… co-écrite par Raphael Saadiq, accompagnée au piano par Tim Christian, tous deux membres de Tony! Toni! Toné! (cherche pas, seuls les vrais connaissent), « Lady » est une invitation faite à l’aimée d’officialiser l’officieux… de crier au monde entier:
Après la bergamote, la seconde note de tête de Vengeance Vaudoue est la poire, fruit gourmand aux multiples variétés dont les noms font saliver: la Williams, la Comice ou encore la Beurre Hardy. Progéniture du poirier, arbre de la famille des rosacées qui pousse sous des latitudes tempérées, la poire de Vengeance Vaudoue est très verte et a un goût de bonbon anglais.
Le premier étage de la pyramide olfactive de « VV » est complété par une subtile note de fruits rouges que lui donne la framboise. Cette dernière adoucit la bergamote et se place entre la mûre, la fraise et le cassis. La douceur apparente du fruit contraste avec ses origines: le framboisier appartient à la famille… des ronces.
Une provenance qui colle parfaitement au concept de Vengeance Vaudoue…
L’innocence d’une coccinelle. La cruauté d’une mante religieuse.
La boutique virtuelle est au cœur de ce qui différencie bébé racaille de Viktor & Rolf, Dior et Kenzo. Toutes ces marques confient leurs créations aux supermarchés de la parfumerie en espérant que ces derniers sauront expliquer aux clientes ce qui les fondent.
Erreur monumentale.
Le nombre de fragrances et de jus à disposition, le turnover des vendeuses qui sont, pour la plupart, des étudiantes essayant d’arrondir leurs fins de mois, font que les supermarchés de la parfumerie sont incapables de représenter correctement chacune des marques qu’ils proposent.
Les vendeuses sont formées sur le tas. On leur enseigne un vocabulaire de fortune pour leur donner un semblant de connaissance en la matière… « capiteux »… « hespéridés »… « floral »… « boisé »… des mots qu’elles répètent à l’envi, sans vraiment en connaître la définition.
Récemment, après avoir erré comme une âme en peine dans les rayons de chez Séphora , une petite blonde à la bouche délicate vint poliment interrompre mes recherches en me proposant de me faire découvrir la nouvelle fragrance d’Emilio Pucci, qui, elle en était persuadée, allait beaucoup me plaire. C’était si gentiment demandé que je décidais de la suivre. Elle se lança sans sa démonstration commerciale, en aspergea une mouillette et me la tendit : « c’est très floral… très parfum d’été. Ce sont des notes acidulées qui sont en accord avec ce que Pucci fait avec ses vêtements. En effet, ce nouveau créateur se plaît à créer des robes très colorées, des vêtements pastels, des tenues qui rappellent l’été ». Je sentais la mouillette pensivement, écoutant attentivement le discours de mon interlocutrice avant de la couper « nouveau créateur dites vous ? Je pensais qu’Emilio Pucci n’en était pas à ses débuts ». Elle se reprit : « non je vous assure, c’est un jeune créateur italien plein de potentiel qui a récemment fait fureur à la fashion week milanaise ». Je souris, la remerciais pour cette présentation intéressante et pris la direction de la sortie.
Voici une biographie sommaire d’Emilio Pucci… peut on dire d’un homme que ses créations font actuellement fureur sur les podiums milanais quand on sait qu’il est né en 1914 et mort en 1992 ?
Si vous vous demandiez pourquoi bébé racaille refuse de vendre ces créations dans les supermarchés de la parfumerie, vous ne vous le demanderez plus.
“Je suis l’as de Trèfle qui Pique ton Coeur… l’as de Trèfle qui Pique ton Coeur… Caroline”
On a le cœur comme écrasé par un étau de nostalgie quand on entend ce chorus lancinant. A moins que ce ne soit l’instru hypnotique, ciselé par Jimmy Jay, qui éveille en nous ce mal délicieux ? Toujours est-il que « Caroline » est un des plus beaux raps qui parle d’amour … un thème un peu délaissé par la scène rapologique française. «Caroline» c’est aussi l’apogée de la plume de Solaar, avant qu’elle ne trempe dans l’encre insipide de la variet’.
Il y a des chansons qui font du bien. Il y en a d’autres qui font mal.
La pyramide olfactive d’une fragrance s’empile sur trois étages. Le premier étage renferme les notes de tête, le second les notes de cœur et le dernier les notes de fonds.
Les notes de tête sont les plus volatiles, les plus éphémères, elles donnent le « la » de la symphonie a suivre. La première note de tête de Vengeance Vaudoue est la bergamote: une note florale très fraiche et « lavandée ». On la tire d’un agrume issu du bergamotier. Véritable fruit métisse dont le papa est le citron vert et la maman une orange amère. Une note ensoleillée que l’on récolte au Brésil, en Cote d’Ivoire et en Sicile. La bergamote apporte cette fausse douceur dont Vengeance Vaudoue semble se parer.
Désintéressée et généreuse, elle donne de l’éclat à ses sœurs de la famille des hespéridés.