
Chanel N° 5 est à la parfumerie ce que Madea est à une famille afro-américaine: une grand mère. Son grand âge et son odeur de savon façon pensionnat de jeunes filles, nous rappellent la naphtaline et le talc dont les mamies s’aspèrgent à grande eau et se poudrent à l’excès . La légende qui entoure sa création montre, toutefois, combien Coco Chanel fut une créatrice d’avant-garde doublée d’une visionnaire…
Du temps de Mademoiselle, les parfums étaient plutôt monofloraux… de la violette… de la fleur d’oranger… de la rose. On camouflait alors la simplicité du jus en l’enfermant dans d’extravagantes bouteilles. On affamait le nez… on éblouissait les yeux… et le monde entier semblait se satisfaire de cette supercherie.
Le monde entier… sauf Mademoiselle qui, elle, trouvait ces procédés profondémment ennuyeux… pour ne pas dire ridicules. L’ordre de mission qu’elle communiqua au parfumeur Ernest Beaux montre à quel point elle méprisait ces artifices:
« Je veux tout dans le parfum… et rien dans le flacon »
Elle fut entendue. La bouteille choisie pour emprisonner N°5 fut séléctionnée dans le clinquant d’une verrerie de laboratoire. Peu de gens savent que le désormais célèbre flacon du numéro N°5 trainaît sur la paillasse d’un labo au milieu d’erlens et autres béchers…
Bébé racaille embrasse cette vision de la Haute Parfumerie à pleine bouche: Vengeance Vaudoue, c’est d’abord un jus exceptionnel. Un »déjà-classique » qui habite un flacon qui ne se la raconte pas. Le concept d’une Haute Parfumerie alternative ne peut s’exprimer que si le contenant s’efface devant le contenu.
Quand tous oublient l’essentiel, bébé racaille le leur rappelle humblement…
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La météo s’est récemment muée en une femme changeante qui fait invariablement suivre ses orageuse colères d’un inattendu sourire ensoleillé de printemps. Miss météo souffle donc le chaud et le froid et le mois de mars donne toute sa mesure à ses fameuses giboulées…
Météo France y perd son latin.
Les perfumistas y perdent leur faculté à choisir dans leur garde-robes.
En somme, c’est la guerre! Quoi de plus naturel, dès lors, de sortir armée? Non, la team bébé racaille n’a pas perdu la tête. Nous n’avons jamais été aussi sérieux… devant les assauts répétés qui gâchent les brushings savamment executés nous nous sommes équipés du parapluie ultime… celui dont le manche laisse deviner la présence d’un katana.
Un vrai samourai au féminin… au point de faire peur aux garçons?
$29.99 le sabre pour les plus japonisantes de nos perfumistas
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C’est par cette note « crème glacée » que s’achève la description de la pyramide olfactive de Vengeance Vaudoue. La vanille, qui fond, vient clotûrer dans la profondeur ce que la bergamote, qui titille, avait commencé en restant à la surface.
Peu le savent, mais la vanille est parente de l’orchidée. Elle s’épanouit en croissant sur le tronc d’un arbre, l’étreignant de ses griffes, grimpant à sa cime. Sa fleur blanche emprunte les tons verts des feuilles de celui qui est devenu un amant contraint et forcé…
Ce n’est qu’après le neuvième mois que ses gousses peuvent être ceuillies… après un long processus de maturation de plus de trente mois, la senteur prend du volume, l’exhalaison de l’épaisseur.
Il faut s’armer de patience pour pouvoir utiliser une matière qui donne toute sa mesure dans les parfums orientaux. La vanille de « VV » est issue des plus belles gousses de Madagascar… fondante en bouche comme un Magnum Tentation.. douce avec un côté tabac qui donnerait envie de nicotine aux plus anti-Marlboro.
Y compris eux.
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