« Face a nous, vous voyez qu’ils sont relou vos
Flows d’ancien la famille, écoutez plutôt l’renouveau
Faut pas nous laissez la place, les mecs vous aurez plus la cote
Car vos sons sont démodés comme les bananes Lacoste »
Adams Diallo a.k.a Barack Adama, de la Sexion d’Assaut, n’a pas tort de railler ce qui constituait un accessoire majeur de la panoplie caillera. Une banane, estampillée du fameux croco, portée en long, en large et en travers ad nauseam par ceux (et celles!) qui voulaient se donner des airs de ce qu’ils ne sont que dans les films de leurs rêves.
Mais avant que cette banane ne fleurisse sur ces arbres que sont les centres commerciaux de la Défense ou de la Part Dieu, l’accessoire a aussi eu son temps de gloire ou des touristes en surpoids, vêtus de polos pastels déambulaient, tout visqueux de transpiration, vers le Space Mountain d’Eurodisney. S’il est un accessoire qui personifie le has been, c’est bien cette banane.
Et pourtant…
Et pourtant, la banane est un accessoire redoutablement efficace (ranger ses clés, son lipstick, son phone…) dont le design purement fonctionnel peut (je dis bien PEUT) se transformer, avec un peu d’imagination et un savant agencement du reste de la tenue, en article hautement fashionable. Et puis… si en plus tu peux y glisser ton flacon de VV, il n’y a plus d’hésitation à avoir. Dans tous les cas, la peau de cette banane peut se révéler glissante pour qui n’a pas l’art et la manière d’assortir le reste de son outfit.
Il ne s’agit pas d’un article sur le chef d’œuvre de notre D’Angelo nappé de caramel. Nous avons déjà déclaré notre flamme à son album dans un précédent billet. C’est d’une des Black Romantic Comedy les plus suaves qu’il s’agit aujourd’hui… et son titre, Brown Sugar, est une paraphrase assumée du crooner/auteur de you ‘re my lady.
L’histoire utilise un story plot des plus convenus : un homme et une femme dont l’amitié se révèle être plus que le chaste pacte qu’une telle relation suppose. Ce qui différencie Brown Sugar des médiocres comédies à l’eau de rose que s’enfilent des fillettes au cœur brisés (en même temps qu’un pot d’un litre de ce délicieux poison), c’est d’abord une Official Sound Track de qualité exceptionnelle : l’histoire mêle les amours de Dre (Taye Diggs) et Sidney (Sanaa Lathan) à celui, tout aussi viscéral, du hip hop dont les deux protagonistes sont tombés amoureux dans leur prime enfance. La thématique semble avoir inspiré une Erykah Badu qui a probablement posé un des meilleurs morceaux de sa carrière (Love of My Life) sur cette OST…
Cet « amour d’une vie » qu’est le Hip Hop résonne du début à la fin du film… les premières minutes feront plaisir aux nostalgiques du genre qui affichent leur amertume sur des T-Shirts « le rap c’était mieux avant »… on y voit Method Man, De La Soul, Common, ou encore Questlove de The Roots décrire leur coup de foudre pour cette belle en survêt’ adidas qu’est le Hip Hop. The bridge is over de KRS-One… Fuck the police de Public Enemy. L’amour des bons beats se confond avec l’Amour… le vrai. Celui qui naît entre Sydney, qui a quitté son job au Los Angeles Times pour devenir la Redac’ Chef du mythique XXL… ce nouveau job la fait revenir dans son New York natal où l’attend Dre, son homie… devenu un Record Executive fatigué de faire signer des ersatz de 50 Cent. Les retrouvailles sont émouvantes, chacun fouille sa mémoire pour y déterrer l’anecdote d’enfance, le freestyle qui a marqué l’âge tendre. C’est au milieu de ces tièdes moments de nostalgie que Dre annonce à Sidney son intention d’épouser Reese, une sublime avocate très amoureuse… mais la veille du mariage de Dre, Sidney se laisse aller à un baiser qui ébranle les convictions de chacun…. ajoute à cela des seconds rôles savoureusement hilarants (Mos Def et Queen Latifa) and you have a sure fire hit !
Si avec ça on ne t’a pas donné envie de voir le film… c’est que tu es cliniquement mort(e) !
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Janelle Monae est tout sauf une novice. En 2005 déjà, la native de Kansas City fit une apparition remarquée sur des collaborations avec Big Boi d’Outkast et Diddy. Tous s’accordaient alors à lui prédire un avenir radieux dans un courant sous-jacent d’une Soul alternative qui, sous les coups de pioches répétés d’un DeVaughn, d’une Angie Stone et d’un Musiq Soulchild, creusait patiemment son sillon dans une sphère hip-hop en quête de sens. Certains critiques acerbes moquaient, eux, sa coiffure façon « Madame de Pompadour » et ses épaisses chaussures de la Belle Epoque, arguant que l’auteure/compositrice n’était rien moins que le jouet éphémère d’un Kinder « Neo soul » dont le chocolat fondait à vue d’œil.
Qu’on choisisse de se placer dans les rangs des critiques ou celui des chantres importait peu. Tous attendaient de Janelle qu’elle enfante son « étoile dansante »… son œuvre… un opus qui aurait le mérite de mettre tout le monde d’accord.
Les années passèrent… et toujours rien. Jusqu’à ce que 2010 nous livre , en même temps que l’éclairci d’une hypothétique reprise économique américaine, l’arc en ciel « Archandroid Project » (dans les bacs le 18 mai). Tous les espoirs placés dans le corps frêle et encore adolescent de la jeune fille semblent dès lors porter leurs fruits… le premier son « tightrope » permet à Big Boi de renvoyer l’ascenseur à sa protégée en posant quelques couplets bien troussés… mais suffisamment discrets pour donner à la jeune artiste, l’oxygène nécessaire à à l’expiration de son flow hybride de rap chanté.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a du coffre.
Janelle éclabousse de sa classe un morceau parfaitement ciselé où se mêlent des trompettes joyeusement plaintives, des percussions rythmées et des basses denses et funky. Il y a du Motown dans « Tightrope ». Tellement qu’on peut aisément imaginer ce titre défoncer les charts du temps des grands parents de l’amérique noire jazzy milieu XXe siècle… et en même temps, « tightrope » possède cette effervescence contemporaine qui permet aux petits enfants des premiers de coloniser le dance floor en imitant les danses endiablées de leurs aïeux.
Les chantres peuvent maintenant dire aux critiques « qu’est ce que je t’avais dit ? »
Question: comment se donner la nausée dès le matin dans le RER?
Réponse: en s’asseyant à côté d’une de ces femmes qui empestent la confiserie quality street par tous les pores de la peau.
Le merveilleux monde de Casimir a été mis en bouteille et c’est Lolita Lempicka qui en porte la responsabilité. Des rouleaux de réglisse déroulent leur subtile puanteur dès l’ouverture du flacon, et séduisent d’emblée les fausses gourmandes et vraies obèses avides de bonbons gélifiés bon marché. Lolita Lempicka essaie (et échoue) de reproduire un univers « Alice in Wonderland », très à la mode, en n’en gardant que la niaiserie et en faisant l’impasse sur le côté obscur qui fait tout le charme du conte de Lewis Carroll. Conséquence directe de ce festival Haribo, les femmes qui le portent font figure d’attendrissantes gamines qui n’ont pas encore fait le deuil de leur enfance.
Nul besoin de s’attarder sur le reste des notes: l’iris, l’amande de la fève tonka ou le musc blanc. Quand vous sentez… fuyez! Et si vous ne le pouvez pas (heure de pointe oblige), pensez à vous munir du petit sac sponsorisé par toutes les bonnes compagnies aériennes soucieuses des problèmes gastriques de leurs voyageurs.
« La femme est l’avenir de l’homme » disait Aragon… « Sans parfum, la femme n’a pas d’avenir » affirmait Coco Chanel… la conclusion syllogistique que l’on peut tirer de ces deux prémisses est que le parfum est l’avenir de l’homme…
Raisonnement facile mais révélateur du rôle fondamental qu’a joué (et continue de jouer) le parfum dans le processus de séduction. La fragrance, véritable trait d’union entre l’homme et la femme au sens littéral orthographique du terme qui a unit les mots de la langue française comme « accroche-cœurs », permet à l’un(e) de mener l’autre par le bout du nez.
Ce pouvoir du parfum trouve d’abord son explication dans la zone la plus primitive de notre cerveau : quand de subtiles exhalaisons viennent flatter le système limbique, une décharge de dopamine, synonyme biologique du plaisir, se libère et traverse le corps de part en part. D’où l’attirance presque irrépressible que l’on ressent durant ces moments d’abandon où l’odeur, en même temps que les phéromones, abattent le plus gros du travail dans l’acte du séduire.
Avertis de ce point faible, l’homme comme la femme se sont, de tous temps, ingéniés à sublimer leurs odeurs… en volant celles de la nature. Fleurs, épices, bois précieux… tout les coups sont permis en amour. Les hommes l’ont bien compris, eux qui savent que les femmes (à commencer par la plus féministe d’entre elles) sont instinctivement attirées par les signaux olfactifs qui respirent la force, la virilité et le côté protecteur de l’homme. D’où la renaissance des notes cuir, tabac et bois précieux dans les fragrances masculines…
La différence entre le parfum et le vin est que celui-ci vieillit mal quand celui-là se bonifie avec le temps. De la même façon, ta salle de bain n’a rien d’une cave où s’empilent des flasques de spiritueux, rangées chronologiquement sur de vieilles étagères en bois.
Dès lors se pose la question de la conservation de ton flacon de Vengeance Vaudoue. Il existe certaines règles que toutes les Perfumistas se doivent de connaître… ces règles sont bien sûr valables pour les eaux de toilettes que tu t’es procurées chez Auchan…
tu peux donc aussi leur appliquer les mêmes principes :)
Si tu as le bon goût de n’avoir que « VV » comme seul et unique compagnon d’ivresse, que tu en asperges ta peau, vêtements et cheveux chaque jour que Dieu fait, alors la seule recommandation à suivre est celle de ne pas ranger ton flacon près d’une source de chaleur ou en plein soleil.
En revanche, si tu fais des infidélités à ton Vengeance Vaudoue (mauvaise fille!), que tu papillonnes d’une fragrance à l’autre selon ton humeur ou la météo du jour, si tu mets une éternité à vider des flacons que tu collectionnes comme les business cards de ces messieurs (michtonneuse va!), et si ta table de chevet ressemble à un cimetière de verreries, alors prends garde à bien respecter ces règles:
1. Tiens tes flacons éloignés de la lumière et de la chaleur (une redite, certes, mais qui reste valable dans le cas présent).
2. N’achète pas trop de flacons « grandes contenances »… privilégie les 30 ml. Le format 100 ml doit rester l’apanage de ton « VV ».
3. Si ton parfum a plus d’un an mais n’a jamais été consommer… no stress, tu peux toujours l’utiliser. C’est la vaporisation qui offre un sauf-conduit à l’air et lui permet de prendre ses quartiers dans le flacon… altèrant par la même les propriétés oflactives du parfum. Les années qui passent (sans exagération tout de même) n’auront pas d’effet sur le parfum… mais sûrement sur sa coloration.
L’image d’une Audrey Hepburn portant nonchalamment à ses lèvres son fume-cigarette reste, aujourd’hui encore, une des icônes du Cinéma Américain triomphant du milieu du XXème siècle.
Holly Golightly (sublimement interpretée par Audrey H.) est une caricature de michtonneuse qu’on voit, dès le début du film, se gaver de viennoiseries devant l’éblouissante vitrine de Tifffany’s (d’où le titre du film). Incarner une gold-digger eccentrique a été un des rôles les plus difficiles d’Hepburn, elle qui s’est toujours considérée comme maladivement introvertie.
L’influence du film va bien au delà de l’adaptation plus ou moins libre du best-seller de Truman Capote… les élégantes qui courent les défilés font de ce long-métrage un instantané du bon goût et d’une certaine mode intemporelle. En témoigne cette vente aux enchères d’une des trois robes dessinées par Givenchy pour l’héroïne, adjugée par Christie’s pour un peu moins d’un million de dollars en 2006 (sept fois le prix de réserve!).
Le parfum, comme article essentiel de toutes garde-robes qui se respectent, n’est pas en reste dans ce film. On y voit Holly Golightly emprunter le geste d’Estée Lauder en vaporisant un lourd nuage de parfum devant elle avant d’y plonger allègrement.
De la même façon, un cumulus de Vengeance Vaudoue fonctionne à la perfection. Just try it.
Certains corbeaux de malheur affirment que non. Ils font de ce geste le blasphème suprême… arguant que parfum et glandes sébacées ne font pas bon ménage, au point de produire l’effet inverse que recherche toutes Perfumistas: une odeur désagréable en lieu et place du nirvana olfactif. Ces détracteurs affirment d’autre part que la fragrance rend le cheveux terne et nous rappellent doctement qu’il existe des parfums spécifiques pour cheveux en vente chez Super U.
Nous n’avons que faire de ces Cassandres… Vengeance Vaudoue épouse à la perfection la chevelure de qui choisit d’y déposer une aspersion. Les exhalaisons de »VV » sont devastatrices quand elles s’échappent de la prison d’un chignon… elles s’amplifient même avec l’épaisseur et la longueur d’une chevelure.
Si, comme Rihanna, tu préfères sentir le vent caresser ta nuque, c’est également à cet endroit qu’une touche de « VV » donne sa pleine mesure… il suffit simplement d’humecter la naissance des cheveux… et laisser le parfum s’épanouir comme une rosée sur des racines aériennes.